Norra Djurgarden
Publié le 01-09-2021
Détente & loisirs

WAY, c’est nous 3 : Antoine, Caroline et Tristan. Nous avons créé notre association loi 1901 en octobre 2019 pour donner un cadre au voyage à impact que nous nous apprêtions à vivre.

Un an et autant de temps de préparation plus tard, en novembre 2020, nous avons pris nos sac-à-dos pour 6 mois de voyage dans le but de réaliser un documentaire qui questionne le sens du voyage et donne à comprendre son impact environnemental.

Pour cela, nous testons nous-mêmes des manières de voyager plus respectueuses de l’environnement, comme le vélo, la marche, l’auto-stop, le bateau-stop, etc. Et partons ainsi à la rencontre d’acteurs qui proposent des solutions concrètes pour rendre le voyage plus responsable, tels que des entrepreneurs, des chercheurs, des acteurs publics, des philosophes, des explorateurs, …

Ces solutions concrètes répondent aux 5 piliers du voyage :

  • les transports
  • l’équipement
  • l’hébergement
  • l’alimentation
  • les loisirs et activités touristiques

Au fil de notre chemin, les interviews réalisées nous permettent aussi de comprendre pourquoi l’Homme voyage ? Depuis quand ? Comment ? Et pourquoi il consomme aujourd’hui le voyage plus qu’il ne le vit vraiment ?

WAY, c’est donc 3 étudiants à la poursuite de réponses philosophiques et de solutions concrètes pour construire le voyage de demain, plus responsable et plus conscient.

Stockholm : Here we are !

En partant de Malmö début novembre, nous avions comme objectif d’atteindre Stockholm 1 mois après. Là-bas, Susanna Elfors, leader du mouvement suédois Tagsemester, nous attendait . Après quelques petits pépins sur nos vélos, notamment pneumatiques, nous sommes arrivés juste à temps dans la capitale pour l’interviewer. Au passage, sa vision du voyage nous a profondément marqués et nous a confortés dans l’idée que voyager en train, c’est non seulement souhaitable pour l’environnement, mais surtout super cool. C’est après l’interview que Susanna nous a fortement invités à rencontrer Staffan Lorentz, à la tête d’un programme de développement urbain à Norra Djurgarden, un district de Stockholm.

Stockholm Here we are - WAY - HEYME Worldpass

Un éco-quartier novateur

La rencontre avec Staffan s’est déroulée en deux phases : la présentation de la ville via une maquette, puis la visite terrain du quartier.

Historiquement, le quartier de Norra Djurgarden, n’avait comme particularités que la présence de grosses usines, comme des usines à Gaz, et une zone portuaire. Puis peu à peu, les usines ont été démantelées. Parallèlement, la zone portuaire est devenue une zone secondaire. La municipalité a été contrainte de trouver le moyen de redynamiser le quartier.

Ainsi, au début des années 2010, Stockholm a fait de Norra Djurgarden une zone test en termes d’écoresponsabilité. L’enjeu était double : créer un éco-quartier qui servira d’exemple pour les autres, et redynamiser une zone sur le déclin.

Parmi les objectifs de Norra Djurgarden: la neutralité en énergies fossiles pour 2030 et Stockholm poursuit le même objectif mais à horizon 2040. Pour cela, Staffan et ses équipes développent des actions concrètes pour réduire l’impact environnemental :

1) Des bâtiments

L’objectif défini pour 2025 est de bâtir 30.000 bureaux et 10.000 appartements. L’intégralité de ces espaces sont conçus pour être très peu énergivores. Selon Staffan, une compétition s’est même installée entre les constructeurs pour être les plus performants en termes énergétique. En effet, les boites qui choisissent ces logements souhaitent être plus éco responsables que leurs voisins.

2) Des transports

De nombreuses infrastructures cyclables ont été mises en place dans tout le quartier. En moyenne, il est bien plus rapide de se rendre d’un point A à un point B en vélo qu’en voiture. C’est également valable à pied, pour certaines distances plus courtes ! De plus, seule la moitié des appartements ont une place de parking, afin d’inciter les propriétaires à ne pas avoir de voitures.

Très concrètement, les bâtiments sont conçus pour capter le maximum de lumière extérieure, tout en ayant des lumières artificielles à basse-consommation ; les bâtiments sont isolés de manière optimale, afin de garder la chaleur en hiver. Plus encore, 100% de l’énergie consommée provient de sources renouvelables. Le quartier produit même plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à ses nombreux panneaux solaires. Enfin, le quartier de Norra Djurgarden possède la particularité d’avoir un système souterrain automatisé de gestion des déchets. Cela a plusieurs avantages, comme la production d’énergie, via une valorisation énergétique de la biomasse par exemple. Autre avantage, le quartier n’a nullement besoin d’un système de collecte des déchets, ce qui réduit davantage le trafic routier.

Un éco-quartier novateur - WAY - HEYME Worldpass

L’ensemble de ces mesures et incitations sont quasiment invisibles. Un habitant de Norra Djurgarden, en vivant normalement, est plus écoresponsable qu’un habitant d’un autre quartier. C’est ce que nous expliquait Staffan lors de l’interview : « Vous ne voyez pas qu’il [l’appartement] utilise moins d’énergie pour chauffer les appartements, vous ne voyez pas que vous avez un panneau solaire sur votre toit, vous ne voyez pas au premier coup d’œil que les logements sont orientés vers le soleil. Si vous ne le savez pas, c’est juste un quartier normal. […] Les déchets et tout le reste sont tout simplement automatisés. Les gens qui vivent ici n’ont donc pas à changer leur mode de vie. Le simple fait de vivre ici les rend plus écoresponsable que s’ils se trouvaient dans d’autres endroits. »

Norra Djurgarden quartier vert - WAY - HEYME Worldpass

De notre côté, on ne peut qu’acquiescer : vu de l’extérieur, Norra Djurgarden n’a pas de particularités marquantes. On s’attendait à débarquer dans un quartier à l’apparence un peu futuriste. Que neni. Cela-dit, le quartier est très vert, mais c’est une caractéristique commune aux autres quartiers. D’ailleurs, la présence importante de verdures dans toute la ville nous a vraiment frappé ! On peut se sentir en pleine nature alors qu’on est au centre de la capitale.

Et nous qu’est-ce qu’on en pense ? Doit-on s’en inspirer en France ?

Pour nous, c’est un grand oui ! C’est très intéressant de voir que le quartier de Norra Djurgarden arrive à réduire drastiquement l’empreinte carbone de ses habitants, sans même qu’ils ne s’en rendent compte.

Nous sommes tous au courant qu’il faut faire des efforts pour respecter les accords de Paris, trouver et appliquer localement des solutions qui répondent aux ODD, qu’il faut individuellement et collectivement réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Sur le papier, tout le monde adhère. Mais il se trouve que ce n’est pas toujours évident de « faire sa part ». Ce qu’on retient le plus tous les 3 de Norra Djugarden, c’est cette volonté de rendre les gestes écoresponsables indolores pour les habitants. Vivre avec un moindre impact environnemental n’est plus une contrainte puisque cela ne demande aucun changement de mode de vie. Chaque geste supplémentaire et naissant des éco-consciences et bonne volonté des habitants sont autant de pas supplémentaires vers la neutralité carbone, et ce à moindre effort. C’est terrible ;) .

Portons un petit œil critique là-dessus !

Ces changements sont nécessaires, mais pas suffisant. Facile à dire mais pas si facile à faire pour 3 étudiants qui baroudent pour comprendre et s’inspirer. Même l’habitant du bâtiment le plus ecofriendly de Norra Djurgarden peut générer, à travers sa consommation, des émissions 5, 10, 100 fois supérieures à ce qu’il faudrait émettre pour respecter les accords de Paris. Ce qui nous gêne dans ce quartier novateur, c’est qu’on n’incite pas le consommateur à moins consommer. On le laisse se complaire dans le fait qu’il est plus écoresponsable que les autres, sans le pousser à faire mieux. Par exemple, il est clair qu’un individu végétarien, qui ne prend jamais l’avion mais qui vit dans un ancien quartier, est bien plus écoresponsable qu’un habitant de Norra Djurgarden qui part en voyage d’affaire à l’international plusieurs fois par ans ! Ce qu’on aurait aimé voir là-bas, ce sont par exemple des boutiques de vrac, pour inciter à moins produire de déchets, ou encore des boutiques de seconde main. Ce serait top d’inciter le citoyen à devenir aussi ecofriendly que son quartier !

Pour nous, Norra Djugarden est un super modèle, moderne et efficace, pour redynamiser les zones industrielles en déclin. Mais allons encore plus loin. Si les villes durables ne paraissent pas être utopiques, on rêve tout de même tous les 3 d’un monde plus décentralisé, où tout ne repose pas sur les grandes villes. Et alors, la réalité du bas-carbone semble plus atteignable et plus naturelle, dans tous les sens du terme !

WAY - Caroline, Antoine et Tristan - HEYME Worldpass


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