Les 5 piliers du voyageur responsable et respectueux
Publié le 01-06-2021
Détente & loisirs

L’Odyssée bas-carbone de WAY

WAY, c’est nous 3 : Antoine, Caroline et Tristan. Nous avons créé notre association loi 1901 en octobre 2019, pour donner un cadre au voyage à impact que nous nous apprêtions à vivre.

Un an et autant de temps de préparation plus tard, en novembre 2020, nous avons pris nos sac-à-dos pour 6 mois de voyage dans le but de réaliser un documentaire qui questionne le sens du voyage et donne à comprendre son impact environnemental.

Nous testons des manières de voyager plus respectueuses de l’environnement, comme le vélo, la marche, l’auto-stop, le bateau-stop, etc. Et partons ainsi à la rencontre d’acteurs tels que des entrepreneurs, des chercheurs, des acteurs publics, des philosophes, des explorateurs, … qui proposent des solutions concrètes pour rendre le voyage plus responsable.

Ces solutions concrètes répondent aux 5 piliers du voyage :

  • les transports
  • l’équipement
  • l’hébergement
  • l’alimentation
  • les loisirs et activités touristiques

Au fil de notre chemin, les interviews réalisées nous permettent aussi de comprendre pourquoi l’Homme voyage ? Depuis quand ? Comment ? Et pourquoi il consomme aujourd’hui le voyage plus qu’il ne le vit vraiment ?

WAY, c’est donc 3 étudiants à la poursuite de réponses philosophiques et de solutions concrètes pour construire le voyage de demain, plus responsable et plus conscient.

Concrètement, comment agir sur ces 5 piliers pour “voyager plus responsable” ?

Nous avons identifié 5 piliers qui regroupent l’essentiel de nos dépenses carbone, pour mieux comprendre où agir et réduire son empreinte environnementale lorsqu’on voyage. Ce n’est donc pas une déclinaison officielle.

  1. Les transports

75% des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un voyageur qui réalise le tour du monde proviennent des transports. Pour comparer les moyens de transport utilisés, nous avons utilisé la base carbone de l’ADEME, la plus complète selon nous, puisqu’elle inclut les émissions directes mais aussi indirectes, liées par exemple à l’extraction des matières premières, au transport de l’essence ou encore à la fabrication des véhicules.

Les tourdumondistes ont produit un graphique qui résume cette base de données : notre bible pendant le périple.
 

Graphique transports les tourdumondiste

L’avion : oui ou non ?

L’avion est de loin le moyen de transport qui a le plus grand impact environnemental. En effet, même s’il existe des transports plus polluants au kilomètre, comme le van, les distances sont tellement importantes en avion qu’il conserve la première place quant à son impact total.

Exemple :

  • vous voyagez seul en 4x4 et faites 1000 kilomètres : votre empreinte carbone sera de 310x1000 = 310kg de CO2
  • Vous voyagez en avion à 8000 kilomètres : votre empreinte carbone sera de 205x8000 = 1640kg de CO2, soit 5x plus !

Alors on s’est demandé si on avait vraiment besoin de prendre l’avion pour voyager, s’il n’y avait pas une autre manière de rejoindre l’Amérique latine à moindre impact. C’est ainsi qu’on s’est donné un nouveau challenge pendant WAY : faire du bateau stop pour traverser l’Atlantique ! C’était une expérience unique, bien plus excitante et enrichissante que de manger des salades de fruits pendant 10h dans un avion. Et si vous n’avez pas le choix, essayez tout de même d’éviter les court-courriers et les escales qui doublent votre empreinte.

Les véhicules privés

La voiture, le van ou encore le camping car offrent une certaine liberté mais on a connu plus clean pour la planète. S’il existe des alternatives moins polluantes pour se déplacer sur lesquelles nous reviendrons, on peut aussi choisir d’optimiser ses trajets en évitant d’être seul à bord d’un 5 places. Sur notre chemin, on a alors opté pour l’alternative 0 carbone lorsqu’on a eu besoin d’un véhicule : l’auto-stop ! Lorsque vous montez dans le véhicule d’un autre, vous n’émettez pas de CO2 puisque le conducteur aurait emprunté le même trajet, avec ou sans vous. Même principe pour le covoiturage.

Les transports en commun

En moyenne, le bus génère une empreinte carbone par passager 6 fois moins importante qu’un vol court-courrier : le choix est vite fait si vous voulez réduire votre impact.

Mais le vrai champion des transports en commun éco-responsable, c’est le train ! Et encore plus : le tgv !

le tgv un des moyens de transports en commun éco-responsable

Ex. En moyenne, un Paris-Nice émet 243 kg de CO2 en avion, 96kg de CO2 en voiture contre 2kg de CO2 en tgv. Un train Paris - Nice émet donc 121 fois moins de CO2 qu’un avion !

En effet, la plupart des trains sont électriques, et n’émettent donc directement pas de CO2. Toutefois, ils en rejettent indirectement via la production de l’électricité. Si celle-ci est produite à base d’énergie fossile, l’impact est plus important, mais toujours moins que pour l’avion. Néanmoins, nous avons la chance en France de produire 94% de notre électricité sans utiliser d’énergies fossiles.

Les véhicules monoplaces

Comme dans toute catégorie de transport, il y a les bons et mauvais élèves. La moto compte parmi les plus mauvais : une grosse cylindrée émet plus de CO2 au kilomètre qu’un avion long-courrier. A l’inverse, le vélo est neutre en carbone, si on omet les émissions liées à sa production, ce qui est le cas dans la méthodologie de l’ADEME ou quand on achète sa bicyclette sur Leboncoin. Il n’y a pas mieux ! Allez, la marche peut-être ...

le voyage vélo

Tous les 3, on a choisi d’expérimenter le voyage vélo pour nos 1000 premiers kilomètres à travers l’Europe du Nord ! Et même par -5° dans le Grand Nord, on ne l’a pas regretté. On a eu l’impression d’apprécier chaque kilomètre de paysage et de redonner de la valeur aux distances. 

En résumé, voici nos conseils :

  • Vous souhaitez voyager d’un continent à l’autre ? Essayez le bateau stop !
  • Vous souhaitez vous rendre à l’autre bout du continent ? Prenez le train, il y en a partout à travers l’Europe et pour rejoindre l’Asie, prenez le bus ou faites du stop !
  • Vous souhaitez voyager plus local, en Europe ou ailleurs ? Achetez un vélo et ouvrez grand les yeux !
  1. L’équipement

Pour rappel, la grande majorité des émissions d’un voyageur sont liées aux transports. Les autres postes d’émissions sont moindres mais méritent tout de même que l’on s’y penche. L’équipement qui vous permet de voyager nécessite d’être produit, et génère donc des émissions.

Avant de partir, on a prêté attention à l’impact de notre équipement sportif et audiovisuel.

La quasi-intégralité de notre équipement sportif, des vélos jusqu’aux sacs-à-dos, sont de seconde main. Une partie a été achetée d’occasion, une autre nous a été confiée par la branche #ZéroProduitJeté de Décathlon France.

Toutefois, notre principale source d’équipement provient… de notre armoire (ou celle de nos proches : coucou le vieux cuissard de papa qui servait dans les 80s) ! Pas la peine de se rééquiper lorsqu’on a ce qu’il faut dans notre dressing, même si c’est tentant.

Pour notre équipement audiovisuel, on a choisi la seconde main et le reconditionné, en se faisant conseiller par des experts du milieu.

En résumé, voici nos conseils :

  • Utilisez au maximum le matériel que vous avez déjà à disposition
  • S’il vous manque quelque chose, allez voir du côté de la seconde main, de l’occasion ou du reconditionné
  • S’il vous faut acheter neuf, investissez dans de la qualité pour garder plus longtemps votre équipement, achetez local pour éviter les émissions du transport, et privilégiez les matériaux naturels aux matériaux synthétiques.
  1. L’hébergement

Le chauffage et la clim d’un hébergement sont les deux grands facteurs d’émission d’un voyageur. On peut également y ajouter la construction d’habitations spécialement pour le tourisme. Mais comment l’éviter ?

Pendant nos 6 mois de voyage, on a testé plusieurs manières de se loger.

D’abord, on a utilisé le moyen le plus bas carbone : la tente. Une fois la tente produite, elle n’a plus aucun impact sur l’environnement. Et pas de saison pour camper ! Même en Suède en hiver, nos sacs de couchage 0° d’occasion et l’inévitable proximité dans notre tente 3 places ont largement fait l’affaire ! Bien sûr, bivouaquer implique de laisser les endroits de bivouac propres.

la tente le moyen d'hébergement le plus bas carbone

Si vous avez besoin d’un vrai toit, essayez le couchsurfing (ou warmshower pour les cyclistes). Vous rencontrerez à chaque fois des personnes formidables et partagerez votre expérience. En plus, c’est gratuit !

S’il vous faut davantage de confort, essayez les éco-logements. Il en existe plein. Ils sont souvent éco-conçus et se fondent dans les espaces naturels.

En résumé, voici nos conseils :

  • Dormez en tente, ou à la belle étoile, c’est la meilleure manière d’être éco-responsable. Et c’est un humble luxe que de se réveiller chaque jour dans un endroit différent !
  • Si vous avez peur que les loups-garous s’invitent dans votre duvet, réfugiez-vous chez l’habitant. Couchsurfing et warmshower sont de bons moyens de créer des liens et de voyager à moindre coût.
  • Si vous êtes team tout-confort, regardez du côté des éco-logements ou des plateformes qui mettent en valeur les logements les plus verts (Vaovert, Vacances vertes, Fairbnb, Ecobnb, ...)
  1. L’alimentation

L’alimentation est responsable d’un quart des émissions de GES dans le monde. Les habitudes alimentaires à adopter sont les mêmes en voyage que dans la vie de tous les jours. Essayons donc de réduire ou d'éviter la consommation de viande.

Ex. Pour élever un bœuf qui fournira à terme 1500 repas, on utilise l’équivalent de 18000 repas à base de céréales pour le nourrir ! Autant de repas, à valeur nutritive équivalente, que nous pourrions consommer directement, sans utiliser l’animal comme intermédiaire. Et c’est ce non-sens, entre autres, qui conduit à une surexploitation de nos ressources.

Pendant le premier mois de notre périple, on s’est donné le défi de faire un mois sans viande. Et bien on n’a jamais pédalé aussi vite ! Et on a continué de manger très peu de viande les mois suivants, par habitude et par plaisir.

À chaque étape de l’itinéraire, nous nous sommes renseignés sur les fruits et légumes de saison, sur les recettes locales et avons privilégié le bio. Pas de quoi faire exploser notre budget quand on ne consomme quasiment pas de viande ni de plats industriels.

La petite astuce pour des repas zéro déchet : les sacs en tissu au fond du back pack pour les remplir d’aliments en vrac sur notre route.

En résumé, voici nos conseils :

  • Essayez d’arrêter la viande, particulièrement la viande rouge
  • Priorisez la viande blanche si vous êtes un carnivore né
  • Limitez au maximum votre production de déchets, en disposant de contenants vous permettant d’acheter du vrac
  • Faites attention à la provenance des produits que vous achetez, priorisez le local et le bio de saison.
  1. Les loisirs

Les loisirs peuvent très rapidement devenir une source importante d’émissions dès lors qu’ils impliquent l’utilisation de moteurs : balade en hélicoptère, jet-ski, motoneige, moto, quad, etc. Ils peuvent également impacter fortement un écosystème lorsqu’il est “disneylandisé”, comme lors du prélèvement d’animaux dans leur habitat naturel pour les exploiter à but touristique (balade à dos d’éléphant, aquariums, zoo, … )

En résumé, voici nos conseils

  • Restez proche de la nature, sans la dégrader
  • Évitez les activités qui impliquent un moteur ou qui impliquent l’exploitation d’animaux
  • Vos loisirs n’impliquent pas forcément une activité organisée par un tiers : construisez vos propres aventures avec les ressources dont vous disposez

Vous avez là un bon résumé de nos conseils pour voyager à moindre impact. On les partage avec vous après avoir beaucoup lu sur le sujet, croisé maintes et maintes sources et témoignages mais surtout après nos 6 mois de voyage bas-carbone, filmés et partagés sur les réseaux avant la sortie du documentaire.

Réduire son impact environnemental en voyage, ce n’est pas seulement faire sa part pour la Planète. C’est aussi et bien souvent, voyager moins cher ! Se déplacer en vélo, s’équiper de seconde main, dormir en tente ou chez l’habitant... sont autant de manières de voyager avec un petit budget. Et c’est surtout reprendre le temps du voyage, le temps d’apprécier les distances, les paysages et les rencontres. Alors, en selle et que le voyage continue !

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